GwenAlices
GwenAlices

Finalement je vais me plaire ici

Metz et ses distractions

Metz et ses distractions. Un bonheur au quotidien.

1) Ce texte est assez cru dans les mots, voire vulgaire, mais il m’était impossible de modifier certains adjectifs et certaines paroles sans dénaturer la scène.

2) J’ai bien conscience que ces personnes ne sont pas levées un matin, en décidant de s’abandonner dans l’alcool et la pauvreté. Seulement, écrire des textes larmoyants sur la misère du monde ce n’est pas mon truc. D’autre le font très bien !

Aaaah Metz !  Sa Cathédrale, son Temple neuf, le centre Georges Pompidou (pourquoi faire ?!), son marché de Noël, l’accueil chaleureux de ses habitants, son Monsieur ananas, ses bars à vin …

Metz est une ville formidable. Surtout le quartier dans lequel j’habite. Alors, en outre les bars ouverts jusqu’au bout de la nuit, très pratique pour l’alcoolique du week-end assumée que je suis, il y a surtout l’emplacement de mon logement qui m’offre chaque jour un spectacle différent, selon le côté de la rue.

Depuis la terrasse, à ma droite, il y a le centre ville. Un centre ville propre, et j’en sais quelque chose puisque tous les matins à 5h, la balayeuse me sert de réveille. En Bretagne j’ai les oiseaux, en Moselle la Balayeuse… à chaque région sa magie. Ici, en plus des impôts, je paie de mes réveilles matinaux le prix de la propreté des rues pour l’ensemble des Messins.  De rien ! J’aurais espéré avoir, au moins, le droit à un sourire ou un bonjour en les croisant, mais même pas … Oui ! Le Messin est ingrat !

Seul, le poissonnier du quartier me fait des cadeaux, et m’accueille avec le sourire. En même il n’est pas de la région non plus. Tout s’explique !

En bas, j’ai la chance d’avoir les meilleurs artisans/ouvriers de France, qui  indexent le prix de leurs marchandises sur le cours du pétrole. Et en même temps ils ont raison, parce que le Messin ne compte pas. Le Messin, c’est un peu le Parisien de l’Est. Il paie une blinde le prix au mètre carré, et accepte de bon cœur, de payer un chocolat à 350 balles le kg, ou une tranche de jambon blanc au prix du caviar. Le Messin s’en fou, de toute façon il travaille au Luxembourg.

Face à moi, j’ai une vue magnifique, sur l’horloge de la gare. Fierté des Messins, puisque cette gare à remporté à 4 reprises, le prix de la plus belle gare de France. Battant ainsi la gare St Charles de Marseille.

C’est de cette façon que Metz, a concrétisée le rêve des Parisiens : battre Marseille !

 Sans oublier la vue, un peu plus à droite, sur l’Eglise Notre Dame de la Miséricorde (oui le nom est aussi joyeux qu’un Messin face à une assiette sans charcuterie), et sur la Cathédrale Saint-Etienne depuis la cuisine sur l’arrière.

Un paradis pour les soirées d’été, et les couchers de Soleil, avec un bon verre (75cl) de vin. Mais, ce qui me plait le plus dans le fait de vivre à Metz, c’est le spectacle que ses habitants m’offrent. Comme l’un de mes amis me dit régulièrement : le spectacle est dans la rue ! Et ici, rien n’est plus vrai.

Á ma gauche se situe le quartier Coislin, son parking hors de prix et toujours blindé (ce qui contraste avec le reste du quartier), ses arches servant de point de rencontre aux alcolos, son carrefour city dont le chiffre d’affaire est essentiellement dû à la vente de bière en canette, et son Aldi.

Vous l’aurez compris à droite les riches, à gauche les pauvres*. Une rue/deux trottoirs, deux salles /deux ambiances.

Mêmes les SDF et les alcolos ne sont pas les mêmes d’un trottoir à un autre. La misère est la même, mais disons que côté riche, ils sont plutôt calmes. Ils se partagent les rues, chacun son territoire. En bas de chez moi, j’ai eu la chance d’avoir Daniel. Un SDF qui ne buvait pas une goûte d’alcool et qui était super sympa et serviable. Toujours un bonjour, un sourire, nous lui descendions un café le matin et quelques repas, et les commerçants en faisaient autant. Moi j’étais le café de 6h du mat’ et le bar en face celui de 9h. Il venait de Turquie, était mécano, apprenait le Français avec les gens du quartier et se rendait tous les jours à la mairie et à la Préfecture pour demander du travail et obtenir des papiers. Puis un jour, Daniel à disparu… J’espère qu’il à obtenu ses papiers et qu’il exerce de nouveau son métier.

Alors attention, sur la rive droite du trottoir, tous ne sont pas des Daniel. Ne pensez pas que tous, vous tiennent la porte quand vous rentrez chez vous. Certains vous harcèle pour une pièce et d’autres vous insultent. Par exemple, rue de la tête d’Or, je m’appelle Salope, ma fille Connasse et mon fil Petit PD. Rue Serpenoise, je ne sais pas trop, parce que chaque fois qu’elle comprend que je ne vais rien lui donner, elle m’insulte dans une langue que je ne connais pas. Et comme je n’en connais aucune, finalement c’est facile. Un peu plus haut, il y a celui qui vit torse nu, et qui s’ambiance sur de la musique en souhaitant la paix dans le monde tout en niquant la mère des batards. Mais dans l’ensemble, c’est soft. Pas de vraie méchanceté, juste du désespoir et de la misère.

Alors parfois, je sors de mon quartier de riches aux SDF polis, et je vais faire mes courses chez Aldi. Parce que j’ai beau habiter un quartier, dont le prix du mètre carré me permettrait d’acheter le Finistère, je reste pauvre. Je suis dans un quartier de catégorie pauvre chez les riches et riches chez les pauvres. J’ai les moyens d’habiter du côté droit mais pas de m’y nourrir. Et j’en suis reconnaissante. Gratitude, comme diraient les connasses de Tiktok !

Chaque fois, que je vais remplir mon frigo, je passe par les fameuses arches Coislin. Et c’est là que le spectacle commence vraiment. Ici, ils ne sont pas SDF, ils sont dans des logements sociaux avec des revenus minimums. Et c’est dommage, parce que mon Daniel, avec un logement social et un revenu minimum, il aurait su capitaliser cette chance. Il aurait réalisé son rêve de fonder une famille et d’ouvrir son garage. Mais la vie est ainsi faite.

 Si les marches n’étaient pas imbibées de fluides corporels, je me poserais volontiers avec un thermos de café et des chouquettes pour assister aux plus belles joutes verbales de la ville.

Là aussi il y a deux camps. Les bourrés et les défoncés, et, les très bourrés et très défoncés. La Police y vient plusieurs fois par jour, mais je pense que c’est plus pour avoir quelque chose à raconter le soir, que pour vraiment les séparer. Parce qu’en vrai, personne ne veut les séparer. C’est un spectacle vivant aussi terrifiant que divertissant. Vous voyez les gens totalement beurrés qui se battent sur internet ? Et bien nous, nous avons ça à domicile, en live. Alors on passe en écoutant tout en faisant semblant de ne pas entendre. On reste à l’écart pour éviter d’être malgré nous mêlés à leurs histoires, et ne pas surtout pas être accusé de ne pas porter secours à une personne pouvant être prise à partie, mais assez prêt pour suivre les scènes. Toute la curiosité et la lâcheté humaine réunies en un instant.

Ce matin, par exemple c’est Hervé alias fils de pute, et Michel alias enculé ; qui ne s’appellent ni Hervé ni Michel dans la vraie vie… enfin je ne crois. Pour le reste, c’est à vérifier ; qui ont ambiancés la place et les arches, à 10h du mat, 1664 à la main. Et vu le déhanché, ce n’était pas les premières cannettes. Parfois je me demande s’il y a vraiment une dernière et une première ?!

Nous avions donc d’un côté Hervé fils de pute, qui hurlait à Michel l’enculé, que c’était un gros PD**. En même temps… dans la logique ça se tient. L’un va rarement sans l’autre.

Et de l’autre, Michel l’enculé, qui répondait en hurlant tout en essayant de réaliser l’exploit, d’articuler et de tenir son corps à la verticale, que de toutes façons, Hervé fils de pute suçait des bit*s, et que sa mère aussi…  Bon là visiblement nous sommes face à un héritage familial. Moi j’ai hérité du don de tout faire cramer en cuisine, de ma grand-mère. Hervé celui de sucer, par sa mère … Chacun son petit truc en plus.

Et c’est à ce moment là qu’un petit bout de femme est arrivé de nulle part, avec son assurance et sa canette, pour détendre l’atmosphère et calmer le jeu, avec des « Ouheuu !!! shtooopeuuu. On shhhhhheu calllllmeu !) bon j’écris mal le bourré, en plus ils ont une langue bien à eux. Entre français imbibé de 8.6, Allemand dépressif (pléonasme) le tout sur fond de Wallah (très crédible pour un Michel et Hervé, blancs comme des culs Norvégiens, avec une 1664 à la main), mais vous voyez où je veux en venir.

Visiblement ça a énervé un peu plus Michel l’enculé, qui voulait vraiement en découdre avec Hervé fils de pute. Je pense qu’il n’y a pas que Red Bul qui donne des ailes, parce que quand j’en ai entendu un dire à l’autre « vient je t’attends », j’étais à deux doigt de leur rappeler qu’avant de se battre il fallait s’assurer de pouvoir faire 2 pas sans s’éclater comme une merde au sol. A deux de m’en 1 donc ! Du coup j’ai fermé ma gueule. Et c’est comme ça que j’ai appris que «  toiii ta gueule ! Saaaalope » (la bourré pacifiste) avait le même talent qu’Hervé et sa mère… des frères et sœurs peut-être.

J’adore vivre en ville, bien que j’ai le besoin d’aller me refugier régulièrement dans le calme Finistérien. J’aime bien Metz, je crois que je commence à me plaire ici… Attendons de voir ce que cette ville me réserve. En attendant, je vais faire mes courses, petit à petit, parce que finalement Coislin reste moins cher Netflix, et que j’ai chaque fois, l’impression de vivre un épisode d’enquête d’action ou de 100 jours avec la Gendarmerie de Metz.

GwenAlices, un mercredi matin ensoleillé, qui finalement commence à se plaire dans sa nouvelle vie temporaire.

*Merci de garder vos raccourcis politiques, pour vous.

** PD de homosexuel et non de pédéraste, avant que les pseudo académiciens ne viennent me donner une leçon d’abréviation.

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